Question de Bernard REYNES au Ministère des affaires sociales sur le régime du RSI - Bernard REYNÈS
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Posté le Nov 12, 2015 dans Actualités Bernard Reynès, Questions écrites au Gouvernement, Travail Parlementaire

Question de Bernard REYNES au Ministère des affaires sociales sur le régime du RSI

Question N° 77731 au Ministère des affaires sociales

Question soumise le 7 avril 2015

M. Bernard Reynès attire l’attention de Mme la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes sur le mécontentement des affiliés au régime social des indépendants (RSI). Ce régime gère la protection sociale obligatoire de plusieurs millions de commerçants, d’artisans ou encore des professions libérales. Or, force est de constater de nombreux dysfonctionnements du dispositif actuel. En effet, les chefs d’entreprises ne comptent plus les doubles prélèvements, les rappels de cotisations déjà payées, les retards importants dans le traitement des dossiers ou encore les difficultés pour joindre simplement un interlocuteur, et dénoncent les méthodes de mise en recouvrement particulièrement agressives des services compétents. Par ailleurs le RSI, qui est l’interlocuteur social unique, délègue certaines fonctions au réseau des URSSAF, comme le calcul et l’encaissement des cotisations et tout ou partie du recouvrement. L’URSSAF agit alors pour le compte et sous l’appellation du RSI avec des outils informatiques et méthodes qui n’ont pas été harmonisés. Ainsi, le RSI prend en compte l’adresse du domicile du chef d’entreprise, tandis que l’URSSAF compétente est celle de l’adresse de l’entreprise. Alors que tout un chacun cherche à réduire ses dépenses, nous constatons que depuis la réforme de 2008 mettant en place un interlocuteur unique, le RSI coûte 20 millions d’euros de plus que le système précédent. Cette situation aberrante suscite la colère des chefs d’entreprises indépendants, qui, c’est assez rare pour être souligné, sont descendus dans la rue pour exprimer leur mécontentement. Mais au-delà de ce sentiment, c’est bien l’inquiétude qui les anime, car ces complications administratives fragilisent encore davantage nos entreprises qui doivent déjà faire face à une conjoncture économique très défavorable. De fait, certains chefs d’entreprises préfèrent freiner leur activité, pour éviter les charges excessives liées à ce régime et les contraintes administratives qui les accompagnent. D’autres n’ont pu faire face à ces dysfonctionnements répétés et ont été contraints de mettre la clé sous la porte. Une situation que nous ne pouvons tolérer. Les entreprises, les artisans et commerçants sont le poumon économique de la France. Ils participent directement à la vie économique locale et à ce titre méritent que les pouvoirs publics les soutiennent, et prennent les mesures nécessaires pour leur permettre de pérenniser leur activité. Aussi il lui demande de bien vouloir lui indiquer quelles mesures urgentes le Gouvernement compte prendre pour simplifier le fonctionnement de cet organisme qui freine le développement économique des commerçants, artisans et professions libérales. Il attire enfin son attention sur la nécessité de réformer ce dispositif pour qu’un mode de calcul des cotisations plus juste soit appliquée, afin que les indépendants ne soient pas pénalisés en raison de leur statut.

 

Réponse émise le 26 mai 2015

Le Gouvernement prête la plus grande attention à la situation des affiliés au régime social des indépendants. La mise en place précipitée et mal préparée de l’interlocuteur social unique (ISU) en 2008, peu de temps après la création du RSI, s’est traduite par de multiples dysfonctionnements. Des efforts substantiels ont été mis en oeuvre pour améliorer la qualité de service. Comme l’a relevé le rapport sénatorial de la mission d’évaluation et de contrôle de la sécurité sociale (MECSS) du 11 juin 2014 déposé par Messieurs Cardoux et Godefroy intitulé « RSI, 8 ans après la réforme, restaurer la confiance », ces progrès ont été notamment rendus possibles par la mise en place d’une organisation partagée entre les caisses RSI et les URSSAF. Le nombre de demandes d’affiliation et de radiation à traiter est résorbé. Entre 2011 et 2014, le délai moyen des affiliations est passé de plus de trois mois à moins de 10 jours ; 72 % des affiliations sont désormais traitées en moins de 20 jours et 90 % des radiations sont traitées en moins de 10 jours. Le nombre de réclamations en 2014 est en baisse de presque 9 % par rapport à 2013, période au cours de laquelle le nombre de réclamations s’élevait à environ 20 000, ce qui constitue un chiffre limité au regard des 3,2 millions de travailleurs indépendants affiliés au RSI. Les réclamations des cotisants font l’objet d’un dispositif particulier et les plateformes téléphoniques ont été renforcées. A cet égard deux numéros courts non surtaxés ont été mis en place : le premier consacré aux demandes relatives aux cotisations (calcul, taux, recouvrement), le second consacré aux interrogations relatives aux prestations. Le RSI a également mis en place un dispositif spécifique à destination des parlementaires qui souhaiteraient signaler des difficultés qui leur sont remontées dans le cadre de leurs permanences. De nouvelles simplifications sont attendues : en effet, à partir de 2015 se met en place la régularisation anticipée, qui permettra aux cotisants de rectifier, dès la déclaration de leur revenu, leur appel de cotisation. Cette mesure, qui permet de réduire le décalage entre revenus et cotisations (passage de n-2 à n-1), sera effective dès les déclarations de revenus, au 2e trimestre 2015. Elle permettra également aux cotisants ayant trop payé de bénéficier plus tôt du remboursement de leurs cotisations et à ceux qui doivent verser un complément de l’étaler sur une durée plus longue. En matière de qualité de service, les progrès sont toujours à rechercher et le Gouvernement continue de rester pleinement mobilisé sur ce dossier. C’est pourquoi, comme l’a annoncé la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, les députés Sylviane Bulteau et Fabrice Verdier ont été missionnés pour établir un état des lieux et formuler des propositions permettant d’améliorer la qualité du service rendu aux assurés.

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